Wild Mood Swings : le 30e anniversaire

C’est l’anniversaire d’un mal-aimé. Le 7 mai 1996, The Cure sortait Wild Mood Swings. Pour les fans, ce dixième album studio reste une énigme, un disque « grand écart » entre euphorie pop et spleen abyssal. Allez… on se replonge dans les coulisses d’un enregistrement labyrinthique, marqué par des changements de line-up, un manoir hanté et une confrontation brutale avec l’époque Britpop.
Préambule…
En guise d’introduction, rappelons-nous les souvenirs de l’époque (en tout cas les miens…). Les premières notes de Wild Mood Swings, je les ai découvertes lors de la tournée des festivals de 1995 avec Want, Jupiter Crash et Mint Car. Si Mint Car ne m’a pas immédiatement séduit sur le moment (et ce n’est toujours pas le cas, pour moi cette chanson entre dans la catégorie des singles « faciles »), Want et Jupiter Crash m’ont en revanche fait frémir les oreilles. La première est tout simplement un des meilleurs open titles de The Cure et la seconde, si elle peut sembler un peu trop prévisible au niveau des paroles et de la mélodie, est tout de même une jolie réussite. Bref, ce nouvel album à venir s’annonçait plutôt bien.
Ce qui m’amène à un second souvenir : la diffusion par (il me semble) Fun Radio en 1996 du nouveau single de The Cure, The 13th, annonciateur de Wild Mood Swings. Je me souviens de la frénésie autour de cette annonce et l’attente, fébrile, devant le poste radio à l’heure prévue. Et on ne va pas se mentir, le choc fut brutal et très déroutant. Une intro de trompettes mariachi, le chant forcé de Robert Smith… Plus d’un fan est resté circonspect par ce qu’offrait ce premier single. Et hormis en Italie où, pour une raison inexplicable, il a été bien reçu, la chanson a fait un flop partout ailleurs.
Et je termine avec le concert de l’opéra Bastille (que j’ai uploadé il y a quelques années sur ma chaîne YouTube) le 6 mai 1996 afin de promouvoir l’album (qui sortait le lendemain). Pour info, 2 autres shows ont également été organisés à Londres et New York, ainsi que plusieurs apparitions TV. Mais revenons-en à Paris… Ce jour-là j’assistais au concert des Smashing Pumpkins à Bercy (qui, au passage, était excellent) et j’avais fait un crochet par la Fnac Bastille, attenante à l’auditorium de l’Opéra du même nom où se déroulait le concert. N’ayant pas de place (à l’époque, Pictures of Cure n’existait pas et je n’avais pas les privilèges que j’ai aujourd’hui… 😉), j’avais assisté à la performance de The Cure sur un écran dans le magasin. Et l’impression finale fut que plus mitigée… Je trouvais que les titres, hormis les 3 qui furent rodés pendant la tournée de 1995, avaient un goût d’inachevé. Et je n’ai pas senti The Cure très à l’aise, ce qui peut se comprendre : c’était la première fois que le groupe jouait ces nouveaux titres devant un public… Avec certainement la pression de ne pas faire d’erreurs.
1996 : le monde a changé (et Robert Smith aussi)
Lorsqu’on évoque la genèse de Wild Mood Swings, il faut se souvenir du séisme musical du milieu des années 90. Après le succès planétaire de Wish (1992), The Cure s’est muré dans un silence de (presque) quatre ans — le plus long intervalle de leur carrière à l’époque. Pendant ce temps, le monde a tourné sans eux. Au Royaume-Uni, c’est l’hégémonie de la Britpop (Blur, Oasis) et aux États-Unis, le Grunge a tout balayé.
Robert Smith, lucide, l’admettra plus tard : « Au Royaume-Uni, la Britpop nous a tués. » Pour la première fois, le groupe a l’impression de « glisser hors de la planète ». Pourtant, paradoxalement, Robert traverse une phase de grand optimisme personnel. Il se sent bien, il veut explorer. C’est ce décalage entre l’euphorie du leader et un monde qui semble ne plus vouloir de ses expérimentations qui va forger l’identité bancale et fascinante de l’album.
« Quand nous sommes revenus pour faire Wild Mood Swings, j’ai retrouvé ce sentiment de plaisir. Et ça s’entend dans l’album ; il y a des chansons assez démentes dessus. Mais il s’est fait descendre à sa sortie. Les fans l’ont détesté aussi. C’est la seule fois où j’ai été énormément déçu.«
Robert Smith
Autre point important ayant fortement desservi The Cure : le procès intenté en 1994 par Lol Tolhurst à Robert Smith et Chris Parry, alors représentant de Fiction Records. Si finalement la justice donne raison à Smith, les audiences ont éloigné The Cure des studios.
Malgré tout, et même si Wild Mood Swings se vend bien moins que Wish, l’album se hisse dans le Top 10 britannique (n°9) et atteint la 12e place des charts aux USA. Ce qui a fait dire à Robert Smith « Wild Mood Swings a été perçu comme un échec même s’il s’est vendu à deux millions d’exemplaires dans le monde. N’importe quel autre groupe penserait « On a réussi… » ».
La vie de château : entre fantômes et cave à vin
L’enregistrement de l’album est une véritable aventure immobilière. Après un passage par Haremere Hall dans le Sussex, le groupe s’installe pour neuf mois à St Catherine’s Court, un manoir Tudor majestueux et réputé hanté près de Bath (où Radiohead enregistrera OK Computer en 1997), appartenant alors à l’actrice Jane Seymour (le docteur Quinn…).

Le lieu est imprégné d’une atmosphère surréelle. Robert Smith raconte, amusé, qu’il essayait de compter les innombrables portraits de l’actrice accrochés aux murs. Mais au-delà du décor, c’est l’ambiance qui détonne : le manoir possède une cave à vin exceptionnelle. Entre deux prises, le groupe s’y attarde (car après la musique, l’alcool est leur seconde passion…). Robert avouera que les sessions ressemblaient parfois plus à une fête permanente qu’à un travail de studio rigoureux : « Nous nous amusions tellement que nous ne savions plus si nous enregistrions ou si nous passions juste du bon temps. ». Autant dire que Fiction et Chris Parry devaient être ravis…
L’enregistrement est également l’occasion de repenser la manière de travailler du groupe, avec notamment un nouveau co-producteur : Steve Lyon. Conscient que Wild Mood Swings ne sera pas une suite à Wish, Robert Smith provoque ce changement : « J’ai pensé qu’il était temps de changer. Je craignais que rien de nouveau ne se produise. Nous n’avons jamais vraiment eu besoin de quelqu’un pour nous aider sur le plan créatif ou artistique, mais j’ai pensé que ce serait mieux de faire appel à une personne plus jeune et qui n’avait pas d’idées préconçues sur le groupe ». Ce que confirme Steve Lyon : « Le mandat était de faire bouger le groupe par rapport à là où ils étaient. Parce qu’ils avaient été l’un des plus grands groupes des années quatre-vingt et du début des années quatre-vingt-dix. Et mon impression était qu’il [Smith] se sentait un peu stagnant dans ce qu’ils avaient été. Et maintenant, c’était une toute nouvelle évolution du groupe, parce que deux des membres principaux étaient partis. Quand j’ai commencé, il n’y avait pas de batteur. Et nous avons progressivement reconstitué le groupe au cours des premières sessions d’enregistrement ».

Mais si Steve Lyon devait piloter les sessions, il s’est vite retrouvé à la remorque des indécisions chroniques du groupe. Résultat ? Une perte de temps et des pistes qui ne menaient nulle part, donnant le sentiment que The Cure naviguait à vue. Inquiet, Chris Parry a fini par siffler la fin de la récréation en fixant un ultimatum, forçant le groupe à un marathon de production peu compatible avec la sérénité artistique. L’album est devenu un chantier permanent où se sont croisés une multitude d’intervenants. Le mixage, émietté entre plusieurs ingénieurs du son (11 au total tout de même…), a fini de lasser un Steve Lyon dépité par tant de hâte et d’incohérence. Sans oublier que Robert Smith a sérieusement ramé pour pondre des paroles à la hauteur de ses exigences… « J’ai atteint un point où je me sentais écrire toujours les mêmes choses, j’étais totalement insatisfait des premières moutures. Ça m’avait pris des mois et j’ai tout balancé à la poubelle, du jour au lendemain. Je me suis aperçu que je n’en pouvais plus d’écrire sur ma propre existence. »

La valse des personnes concerne également celle qui doit se placer derrière la batterie. On l’a vu : Wild Mood Swings est l’album de la mutation, et cela vaut également du point de vue des membres de The Cure : Porl Thompson est parti (1993), Perry Bamonte a lâché les claviers pour la guitare, et Roger O’Donnell a fait son grand retour. Mais le vrai casse-tête, c’est le départ du métronome Boris Williams en 1994. Si Jason Cooper a participé à la tournée des festivals 1995, cela ne fait pas encore de lui le batteur attitré. Ce qui explique que, pour la première fois dans l’histoire du groupe, plusieurs musiciens vont laisser leur empreinte sur le disque final, transformant l’album en une sorte de « patchwork percussif » : Mark Price (All About Eve) joue sur Mint Car, Trap et Treasure, Ronald Austin (The God Machine) sur This Is A Lie et Louis Pavlou (Pink Turns Blue) sur Club America.
On connaît la fin de l’histoire : c’est finalement Jason Cooper qui décrochera la timbale et deviendra le batteur le plus pérenne de l’histoire du groupe. Mais à l’époque des sessions de Wild Mood Swings, il doit se fondre dans un album déjà largement entamé par d’autres. Et ce n’est pas vraiment un gage de sérénité…
L’album qui aurait dû s’appeler « Bare »
Wild Mood Swings porte bien son nom (qu’on peut traduire par « Sautes d’humeur sauvages » ou « Variations d’humeur brutales »). C’est un disque kaléidoscopique, qui passe de l’euphorie festive à la détresse absolue. Fun fact : si vous regardez la pochette de l’album, vous noterez que cette dualité se manifeste par les zones de couleur de part et d’autre du clown (à gauche du jaune, symbolisant la joie, et à droite du noir, symbolisant la tristesse).

Au départ, Robert avait pourtant une vision claire : une œuvre intimiste, acoustique, inspiré par le chef-d’œuvre de Nick Drake, Five Leaves Left. Il voulait des cordes, un piano, une ambiance à la Cowboy Junkies, enregistrée à la lueur des bougies. Mais au final, l’album semble être plutôt une tentative de capturer toutes les facettes de sa personnalité, même les plus contradictoires.
Le résultat est donc un mélange des genres, avec 14 titres qui s’entrechoquent. On passe de la salsa déglinguée de The 13th (qui, même en répétition, peinait à convaincre le groupe) à la mélancolie pure de Bare, le titre final de l’album. Cette pièce narrative de huit minutes, d’une tristesse absolue, est l’une des préférées de Robert (et de feu ses parents). Le disque aurait d’ailleurs dû porter ce nom, suivant la tradition de The Cure où le titre de l’album est souvent celui du dernier morceau. Mais l’humeur changeante de Robert (Mood Swings) en a décidé autrement, transformant le projet en ce tourbillon hétéroclite que nous connaissons. Certes, Robert Smith avait fait le même pari avec Kiss Me Kiss Me Kiss Me (1987) mais il faut constater que cette fois-ci cela ne fonctionne pas aussi bien. Pour finir, on a cette sensation de ne pas passer loin de quelque chose de grand. Pour autant, il y a du bon, voire du très bon, sur ce disque et souvent les fans s’accordent à dire que les titres suivants sortent du lot :
- ● Want, déjà évoqué plus haut, un chef-d’œuvre de tension ascendante avec son riff de guitare tourbillonnant, certainement la meilleure chanson de l’album
- ● Jupiter Crash, jolie balade dans le plus pur style Cure (qui fait défaut sur le reste de Wild Mood Swings, Robert Smith retrouvera ce « son Cure » avec Bloodflowers)
- ● Treasure, qui reprend presque mot pour mot un poème de Christina Rossetti, et qui utilise un quatuor à cordes dirigé par Audrey Riley, compositrice et violoncelliste britannique
- ● Bare, avec à nouveau Audrey Riley et son quatuor, un titre profondément mélancolique à propos d’une relation amoureuse qui s’achève inéluctablement. Et à propos de ce titre, je me souviens de l’enchaînement en live Bare/Disintegration de toute beauté sur le Swing Tour 96.
Et à propos du Swing Tour, on en parle tout de suite…
Le Swing Tour : la fin d’un cycle
Comme souvent, qui dit album dit tournée. Pour porter Wild Mood Swings, The Cure s’élance dans le Swing Tour. Une tournée marathon qui commence mal : les premières dates anglaises sont annulées à la dernière minute à cause de problèmes techniques sur l’éclairage. Sans oublier que la scénographie a failli ressembler à un film d’horreur de série B… « Sur la pochette de Wild Mood Swings, nous avons mis la photo d’un clown en fer-blanc qui a l’air à la fois innocent et effrayant. Quand nous avons tourné avec cet album, je voulais la même atmosphère dans le décor : une montagne russe défectueuse avec de grandes poupées qui en pendaient, ou quelque chose comme ça, un peu comme Coney Island hors saison. J’ai fait construire ce truc, et quand il a été fini, le groupe est allé le voir. J’ai vu la peur dans leurs yeux : ils craignaient que j’aime ça. Heureusement, j’ai moi aussi pensé que c’était ridicule et j’ai laissé tomber ».

La tournée démarre le 16 mai 1996, soit à peine une semaine après la sortie de l’album. Elle s’étalera sur 8 mois et presque 100 concerts. Sur scène, le groupe donne tout, avec le plus souvent 30 chansons jouées par soir, incluant des raretés comme Faith ou Subway Song. Le concert parisien du 15 octobre (dont il existe une version « soundboard ») est notamment très bon. Mais le groupe peine à remplir les salles, que ce soit aux USA ou en Europe (des dates sont même annulées, faute de ventes suffisantes). Pour autant, qu’il y est 4 000 ou 17 000 personnes devant eux, les membres de The Cure livrent des prestations très abouties. Sauf peut-être à Inglewood (Californie) le 11 août 1996… Ce jour-là, sachant que la date suivante à San Diego est annulée, Robert Smith écourte son set pour prendre l’avion direction l’Angleterre et retrouver sa femme Mary. Pendant A Forest, il quitte discrètement la scène, laissant Wayne Hussey, chanteur de The Mission, terminer la chanson à la guitare puis enchainer avec Forever.
Comme pour le Wish Tour, l’épuisement gagne les troupes. Le dernier concert à Birmingham, le 16 décembre 1996, se déroule dans une ambiance de fin de règne. Après le show, les musiciens rentrent chez eux chacun de leur côté. Robert Smith finit sur les rotules : hormis la pression de remplir les salles et la vie sur les routes, il est tombé malade plusieurs fois pendant ce Swing Tour. Comme on dit : une pause s’impose… Il en profite pour participer en solo à l’anniversaire de David Bowie à New York au début de l’année 1997 (où il fera la connaissance de Reeves Gabrels…).
En guise de conclusion…
Avec le recul, (on a eu 30 ans de réflexion, ça aide…) Wild Mood Swings n’est pas aussi catastrophique que la presse de l’époque a bien voulu le dire. On peut même penser que c’est un album courageux, celui d’un groupe qui refuse de se caricaturer en « clowns tristes » et qui s’autorise toutes les fantaisies. C’est quand même une sacrée prise de risque de la part de Robert Smith d’aller sur un terrain créatif aussi casse-gueule que celui proposé par l’album… Entre la légèreté de Mint Car et la profondeur de Treasure, il offre un condensé de tout ce qui fait le charme (et les contradictions) de Robert Smith. Certes, il n’y a pas l’efficacité des singles pop passés (comme InBetween Days ou Friday I’m In Love qui – et même si on sait que beaucoup de fans ne les apprécient pas – sont d’une efficacité redoutable) ou de titres plus épiques comme Disintegration ou From The Edge Of The Deep Green Sea. Mais, à mon sens, il n’y a pour autant aucune chanson vraiment insupportable (même Round & Round & Round ou Club America, qui peuvent sembler inécoutables, ont quelques qualités).
Cette audace sonore que représente Wild Mood Swings, Robert Smith va la payer très cher. Les salles de concerts à moitié vides et les ventes faiblardes sont la preuve d’une double sanction : tout d’abord celle des fans qui ne retrouvent pas le « son Cure » qu’ils affectionnent tant (et qui amènera Robert Smith à créer un album presque caricatural avec Bloodflowers 4 ans plus tard qui leur permettra un début de retour en grâce) et ensuite celle du grand public qui aurait bien aimé de nouvelles chansons pop auxquelles il était habitué depuis The Lovecats (le seul titre issu de Wild Mood Swings pouvant prétendre à se statut étant Mint Car mais malheureusement pas au niveau créatif de ses prédécesseurs).
Oui, Wild Mood Swings est bancal. Et c’est plutôt logique lorsqu’on regarde la genèse de l’album : un groupe en mode « vacances » pendant plusieurs mois, des sessions interminables puis un ultimatum fixé par Chris Parry (créant une urgence créative à laquelle Smith n’était plus habitué), une armée de techniciens, les difficultés de Robert Smith pour écrire de bonnes paroles, etc. Et le tout saupoudré de « aux yeux du monde vous n’existez plus, les Gallagher et Kurt Cobain vous ont remplacés ». Mais personnellement, si je mets Wild Mood Swings en face d’autres albums comme The Cure (2004) ou 4:13 Dream (2008), je me dis qu’il n’est quand même pas si mauvais… Et encore plus quand on s’attarde sur les faces B produites à l’époque, dont je n’ai pas parlé jusqu’à présent : It used to be me, Ocean, Adonais, Waiting, A pink dream, Home… Mais pourquoi Robert Smith n’a-t-il pas intégré ces titres à l’album, alors qu’en toute objectivité ils sont bien meilleurs que la plupart des chansons de la version finale ? Cela reste un mystère… Wild Mood Swings aurait ainsi été bien différent. Certes, il n’est pas sûr qu’il aurait conquis le grand public, mais au moins il aurait plus de chances d’emporter l’adhésion des fans.
Ce qui m’amène à une dernière remarque (et promis, après je vous libère…) : la prochaine « Deluxe Edition » devrait être celle de Wild Mood Swings (pour mémoire, la deluxe edition de Wish est sorti en octobre 2022). Il est vrai que Smith a un peu levé le pied concernant ces rééditions, du fait de la tournée 2022/2023 et de la sortie de Songs Of A Lost World en 2024. Et avec la tournée des festivals qui se profile à l’été 2026, et surtout le futur album « quasi terminé » (oui Robert, on te croit…), il y a peu de chances de voir bientôt cette édition deluxe de Wild Mood Swings sur nos platines. Et c’est bien dommage car je suppose (pour ne pas dire je m’auto-persuade) qu’il y a beaucoup de matière inconnue qui vaut le détour. Mais ça, seul Robert Smith peut décider de nous en faire profiter…
D’ici là, réécoutez Wild Mood Swings… Et vous verrez qu’il a encore de bonnes choses à vous offrir…






WMS mérite largement une réhabilitation : c’est de l’orfèvrerie pop typiquement britannique, avec une très grande finesse dans la production.
Mais c’est un gâchis, à cause du choix des chansons. Il suffisait d’échanger des titres faibles (Mint Car) voire mauvais (The 13th) par des faces B pour en faire un grand album de Cure. Par quel aveuglement (ou quelle surdité) Robert Smith a t il pu laisser de côté des morceaux comme Home, Waiting ou It Used To Be Me?
RS aurait du en rester à son projet initial (une œuvre intimiste, acoustique, inspiré par Nick Drake), ce qui nous aurait donné un nouveau Seventeen Seconds. La tentation de rivaliser avec les blaireaux d’Oasis lui a été fatale.
J’attends la réédition Deluxe avec impatience: j’avais lu quelque part que RS envisageait un nouveau tracklisting, et j’espère moi aussi qu’il y a dans les coffres des morceaux inédits.
Le seul album inécoutable de Cure pour moi est 4:13 Dream: une bouse infâme, dont il n’y a strictement rien à tirer.
Comme toi, j’attends avec impatience cette version deluxe de WMS. mais j’ai du mal à croire qu’elle proposera un tracklisting différent (même si ce serait la meilleure chose à faire pour donner de la cohérence à cet album).
Pour moi, WMS est vraiment un album trop inegal . Avec des joyaux comme Want, Jupiter Crash, Treasure,Bare…et les autres chansons déroutantes ou plus faibles.
Tout est dit dans l article, trop de producteurs, musiciens, et la panne d inspiration avouée par Robert lui même, même si on doit lui reconnaître cette volonté de changements et de prise de risques.
J étais à Manchester en mai 96, pour le concert à la Nynex arena…. » canceled » noté sur la porte d entrée. Quelle déception, moi qui venait de Bretagne à moto, sous la pluie, avant de prendre le ferry à Liverpool pour le Tourist Trophy à l’île de Man. Heureusement, le concert de Rennes en novembre de la même année m avait consolé!
Et trente ans plus tard ils sont toujours là…
Prochaines étapes live au Pohoda festival puis Rock en Seine….En espérant de nouveaux titres magistraux.
Merci pour cet article interessant et qui apporte une vision à mi-chemin avec la mienne. WMS est un grand album je trouve, c’est un autre Kiss me pour moi même si je préfére évidemment Kiss me, c’est à dire qu’il montre la variété incroyable de type de styles, d’arrangements, de façon de chanter de Robert. Le fait qu’il accueille des musiciens extérieurs est très interessant aussi (des vraies cordes c’est quand même beaucoup mieux (comparé aux sons absolument pourris de Roger sur « songs of the last world »…. Qu’il y ait plusieurs batteurs également est une bonne chose, car Jason n’est pas et ne sera jamais Boris, donc c’est le dernier album où on se régale à écouter la batterie sur un album de The Cure pour moi. Concernant les B sides, oui elles sont géniales, et notamment « A pink Dream » qui est peut être ma 2éme chanson préférée de The Cure (après « Last Dance »). Cette chanson est si dynamique dans le chant, le mixage, le jeu!!! Pourquoi ces faces B ne remplacent pas Treasure, Trap ou Round and Round sur l’album? (ces 3 là auraient fait de jolies Bsides). Merci encore pour ton travail sur le net à propos de nos Cure. Vive The Cure (jusqu’à Bloodflowers + quelques titres de The Cure de 2004 pour ma part, ensuite… ben… non en fait) Michael
Ton article m’a donné envie de réécouter tout ça.
Je me suis fait une playlist en choisissant les 12 meilleurs chansons (à mon goût) de WMS et de l’ensemble des B-sides, dans l’ordre qui me paraît idéal.
Résultat: un grand Cure.
Alors je serais curieux de découvrir ta sélection !
Mon « Wild Mood Swings »:
1. WANT
2. CLUB AMERICA
3. THIS IS A LIE
4. HOME
5. WAITING
6. A PINK DREAM
7. JUPITER CRASH
8. IT USED TO BE ME
9. NUMB
10. TRAP
11. TREASURE
12. BARE
(une intéressante réhabilitation de CLUB AMERICA ici:
https://www.sunburnsout.com/club-america-de-cure-robert-smith-et-ses-possibles/)
Du coup, j’ai fait ma propre sélection à partir de tes critères : 12 titres, mélangeant titres de l’album et bsides. Et le résultat :
1. Want
2. It Used to Be Me
3. This Is a Lie
4. Home
5. A Pink Dream
6. Jupiter Crash
7. Adonais
8. Numb
9. Waiting
10. Ocean
11. Treasure
12. Bare
C’est exactement la sélection que je garde de cette période !
C’est marrant Jeff tu ne cite jamais « This is a lie » qui pour moi est le plus beau titre de l’album, en tout cas au niveau du texte sublime.
Je me suis fait ma propre version de l’album il y a plusieurs années, et il devient bien plus proche du projet acoustique de départ :
1. Want
2. Club America
3. It used to be me
4. Ocean
5. This is a lie
6. Mint Car
7. Jupiter Crash
8. A Pink Dream
9. Numb
10. Home
11. Bare
Hello ! ça faisait longtemps ! (depuis Xsilence ?)
Alors détrompe toi, This Is A Lie est bien présent dans mon tracklisting, elle n’a pas bougé, toujours en #3 ! 😉
Mais effectivement, si je compare avec les 4 autres titres que je mets en avant (Want, Jupiter Crash, Treasure et Bare), je trouve que This is a lie est légèrement en dessous.
Tu veux dire depuis le triste décès d’Xsilence !!!
En effet, un bail.
Ah c’est drôle de mon coté je place This is a lie avant Jupiter Crash. La version « épurée » de Join the dots est aussi magnifique.
Rdv cet été dans les festivals ? A bientôt
Quelqu’un connait-il cette version de Numb ?
https://www.youtube.com/watch?v=-wIKmZ6_yfY&list=RD-wIKmZ6_yfY&start_radio=1
D’où vient-elle ?
C’est la première fois que je l’entends.