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Alone, And Nothing Is Forever, Endsong, I Can Never Say Goodbye : les nouveaux titres de The Cure

Photo Alexander Trienitz

Presque 4 semaines après le début du Cure Tour Euro 22, ce sont 4 nouvelles chansons que The Cure a fait découvrir à ses fans.

Dire que Robert Smith était attendu au tournant est un doux euphémisme. Alors qu'un nouvel album est toujours dans les cartons, avec certainement quelques détails à fignoler, les fans de The Cure attendaient de la nouveauté. Et avec 4 nouveaux morceaux, le groupe a su faire taire la plupart des critiques.

Car chacun a son avis sur Alone, And Nothing Is Forever, Endsong et I Can Never Say Goodbye : pour certains, c'est du grand The Cure tandis que pour d'autres c'est une resucée du son de Disintegration, sans grande originalité. Personnellement, je trouve que ces 4 titres sont une belle réussite. Même si, il faut le reconnaître, Robert Smith fait du Cure pur jus et applique sa recette en termes de son et de structures de chansons. Surtout, cela laisse augurer un album cohérent si le reste du tracklisting est à l'image de ces chansons.

Tout d'abord, petite présentation des paroles et de leur traduction. Et on se retrouve après pour une petite analyse...

Et on commence fort logiquement avec Alone (trad. : Seul), titre d'ouverture de tous les concerts (jusqu'à présent) de ce Cure Tour Euro 22 / Lost World Tour 22 :

C'est la fin de chaque chanson que nous chantons
Le feu brûle en dehors des cendres
Et les étoiles s'assombrissent de larmes
Froid et effrayé, le fantôme de tout ce que nous avons été

Nous nous sommes jetés avec une terreur amère vers notre vide
Et les oiseaux tombent de notre ciel
Et les mots sortent de notre bouche
Et voici l'amour, tant d'amour
Chutant hors de nos vies
Les espoirs et les rêves ont disparus
La fin de chaque chanson

Mais tout s'arrête et je préfère qu'on ne change jamais
Et quand tout s'arrête, nous avons toujours pensé que nous resterions les mêmes
Mais tout s'arrête et parce que nos yeux s’endorment
Rêver d'un garçon et d'une fille qui rêvent le monde n'est rien d'autre qu'un rêve

Où est-il allé
Où est-il allé
Une voix brisée réconfortera
Pour nous rappeler à la maison
C'est la fin de chaque chanson que nous chantons
Où est-il allé
Où est-il allé

Où est-il allé
Où est-il allé
En espérant une voix réconfortante qui nous rappelle à la maison
C'est la fin de chaque chanson que nous chantons
Seul

On poursuit avec And Nothing Is Forever (trad. : Rien n'est éternel) :

Promets-moi que tu seras avec moi à la fin
Dis-moi que nous serons ensemble sans regret
Aussi loin
Tu te souviendras de moi ce soir

Promets-moi que tu seras avec moi à la fin
Dis que nous serons ensemble et tu n'oublieras pas
Pour cependant loin
Tu te souviendras de moi à travers le temps

Et glisse près de moi
Dans le silence d'un battement de cœur
Tu envelopperas tes bras autour de moi
Dans une berceuse murmurée

Est le souvenir de la première fois
Dans le silence d'une larme
Je te tiendrai pour la dernière fois
Quand la vie disparaît

Et je sais, je sais
Mon monde a vieilli
Et rien ne dure pour toujours

Et je sais, je sais
Mon monde a vieilli
Mais ça n'a vraiment pas d'importance
Si tu dis que nous serons ensemble

Si tu promets que tu seras avec moi à la fin
Promets-moi que tu seras avec moi à la fin

Je sais je sais
Mon monde a vieilli
Et rien n'est éternel
Et rien n'est éternel

Et je sais que je sais
Mon monde a vieilli
Mais ça n'a vraiment pas d'importance
Si tu dis que nous serons ensemble

Si tu promets que tu seras avec moi à la fin
Promets-moi que tu seras avec moi à la fin

Glisse près de moi
Dans le silence d'un battement de cœur

On continue avec Endsong (trad. : dernière chanson) :

Oui, je suis dehors dans le noir
Face à une lune rouge sang
Me rappelant des espoirs, des rêves que j'avais
Tout ce que j'avais à faire
Me demandant de ce qu'il est advenu de ce garçon
Et le monde qu'il appelait le sien
Oui, je suis dehors dans le noir
Me demandant comment je suis devenu si vieux

Tout a disparu, tout a disparu
Il ne reste rien de ce que j'aime
Tout se sent perdu
Tout a disparu, tout a disparu, tout a disparu
Pas d'espoirs, pas de rêves, rien de plus
Je n'appartiens pas
Je n'appartiens plus à ce lieu

Tout a disparu, tout a disparu
Je vais me perdre dans le temps
Ce ne sera pas long
Tout a disparu, tout a disparu, tout a disparu

Laissé seul avec rien à la fin de chaque chanson
Laissé seul avec rien à la fin de chaque chanson
Laissé seul sans rien
Rien
Rien
Rien

Et on finit avec I Can Never Say Goodbye (trad. : Je ne peux jamais dire au revoir) :

Le tonnerre gronde jusque dans la ville,
Lune de novembre et pluie noire froide,
Alors que la foudre déchire le ciel,
Je chuchote son nom,
Il doit se réveiller
L'amour disparaît,
J’entends les cloches de l'autre côté de la mer,
C'est presque trop tard,
Les ombres se rapprochent maintenant,
Il n'y a nulle part où se cacher,
Je ne peux pas briser le sommeil de ce rêveur,
Malgré tous mes efforts,
Je suis à genoux
Et je suis vide à l'intérieur,

Quelque chose de mauvais s’approche
Dans cette cruelle nuit de novembre,
Quelque chose de mauvais s’approche
Pour voler la vie de mon frère,
Quelque chose de mauvais s’approche
Je ne peux jamais dire au revoir.

Quelque chose de mauvais s’approche
Dans la nuit cruelle et perfide,
Quelque chose de mauvais s’approche
Pour voler la vie de mon frère,
Quelque chose de mauvais s’approche...

Bon... Le moins que l'on puisse dire c'est que Robert Smith ne fait pas dans la joie de vivre... Avec ses paroles, il vous emmène dans un tunnel, mais sans lumière au bout... Car ces quatre nouvelles chansons parlent de la mort, de désillusion, d'espoirs perdus et de temps qui file.

Dans Alone, Robert Smith fait le deuil de moments passés et des idéaux qui s'évanouissent, comme rattrapé par la dure réalité de la vie : autour de vous les gens disparaissent et ce que l'on croyait acquis ne l'est pas. Un thème que l'on retrouve dans And Nothing Is Forever, où Smith ajoute la vieillesse à sa liste de maux. Rappelons qu'au tournant de 1982, le chanteur de The Cure avait exorcisé ses démons et ses peurs (maladie, folie, etc.) grâce à un album aussi salutaire que violent (Pornography, bien sûr). Aujourd'hui, il doit faire face à un danger bien plus terrible auquel nul n'échappe : le temps qui passe. Cette vieillesse qui le (nous) guette, il en parle également dans Endsong ("Je suis dehors dans le noir / Me demandant comment je suis devenu si vieux") où il semble résigné à sa propre disparition ("Tout a disparu / Je vais me perdre dans le temps / Ce ne sera pas long").

On imagine bien qu'il a conscience de la fragilité de la vie depuis quelques décennies (rappelez-vous cette conférence de presse aux Vieilles Charrues en 2012 où il semblait à la fois triste, résigné, en colère et évoquait de tristes événements, sans que je sache vraiment de quoi il parlait). Mais la "nouveauté", c'est qu'il aborde frontalement ses craintes au travers de chansons très personnelles. Certes, il a toujours jeté dans ses créations ses propres expériences et son ressenti, mais avec un tel niveau d'intimité c'est (à mon avis) du jamais vu. Avant I Can Never Say Goodbye, je ne crois pas avoir jamais entendu de paroles citant explicitement un membre de sa famille ("Quelque chose de mauvais approche / Pour voler la vie de mon frère"). Pour ce titre, Robert Smith décrit la disparition de son frère Richard, et son impuissance ("Je ne peux pas briser le sommeil de ce rêveur / Malgré tous mes efforts") qui l'anéantit ("Je suis à genoux / Je suis vide à l'intérieur").

Plus tôt, je disais que Smith nous entraînait dans une tunnel sans lumière. On peut peut-être en trouver, aussi infime soit-elle, dans un recoin de And Nothing Is Forever : Robert Smith y évoque ses derniers instants ("Je te tiendrai pour la dernière fois / Quand la vie disparaît") dans les bras de sa femme Mary ("Tu envelopperas tes bras autour de moi / Dans une berceuse murmurée"), compagne discrète et soutien que l'on imagine indéfectible. Oui, Robert Smith décrit la fin de sa vie. Et il accepte cette issue fatale à une seule condition : ne pas être seul et ressentir l'amour jusqu'à sa dernière seconde (Mon monde a vieilli / Mais ça n'a pas vraiment d'importance / Si tu dis que nous serons ensemble / Si tu promets que tu seras avec moi à la fin"). La peur de mourir seul est omniprésente dans And Nothing Is Forever. Mais l'amour aussi, car pour Robert Smith, c'est bien lui qui permettra d'endurer l'ultime étape, la plus douloureuse, celle qui le séparera de ses proches. Voilà peut-être la seule lumière qui éclairera le panorama bien gloomy de ces 4 nouvelles chansons : l'amour permet de tout endurer. Encore faut-il l'avoir trouvé...

Si vous avez votre propre analyse des nouveaux titres de The Cure, faites vous plaisir : présentez-la dans en commentaire !

13 thoughts on “Alone, And Nothing Is Forever, Endsong, I Can Never Say Goodbye : les nouveaux titres de The Cure

  1. C’est assez délicat de donner un avis sur ces chansons via des enregistrements live de mauvaise qualité. Quand on connaît l’importance de leur musique, de leur son. Forcément qu’après plus de 40 ans de carrière on ramènera toujours les nouvelles chansons à une période où à un album. A titre personnel je n’arrive pas à associer ces nouvelles compositions à quelque chose qu’ils ont fait par le passé. Bien sûr il y a la voix et le son c’est l’univers cure quoi mais c’est super mélancolique. Les 4 nouvelles chansons sont vraiment mélancoliques et on s’associe assez facilement aux textes car ce sont des questions que l’on se pose tous passé un certain âge. Le tempo est assez lent également. Disintegration pour moi et encore une fois selon mon ressenti était très oppressant avec un son très lourd telle chape de plomb qui te tombe sur la tronche pour ensuite te faire planer……très impatient en tout cas de les écouter en live. Bons concerts à tous

  2. Mais quoi qu’il en soit, il a toujours ce talent de faire passer des émotions incroyables. Perso, j’adore « Endsong » Cette longue intro et cette montée en puissance, j’en ai des frissons dans le dos. Bref, vivement l’album.

  3. Oui c est sur , mais pour ceux qui ne comprennent pas trop l anglais en concert ou dur De comprendre avec les cris de la foule , on se base sur les mélodies et refrain de Cure et Dans ce domaine il sont les
    Champions du monde . On le voit avec Alone en début de chanson la batterie sèche de Jason avec sa rythmique nous met en emoi , Nous fait frémir Et lance la chanson !!! Qu importe ce que dit Robert sa musique Et rythmique nous transcende … Et depuis 76 77 c est comme cela ! De you dig me a Alone !
    Michel M

    1. Personnellement, je parle pas trop mal anglais, mais entre le bruit et l’accent très particulier de Robert Smith (qui bouffe la moitié des syllabes), j’ai beaucoup de mal à le comprendre !

  4. Endsong est un monument ! Je viens de le découvrir en live à Genève, du Cure tout craché venu tout droit des années 90 ou il aurait trouvé sa place sur Désintégration.
    Smith a toujours cette faculté a créer la chanson qui va vous transpercer le cœur, qui va vous ramener 30 ans auparavant,déterrer des souvenirs cachés au plus profond de vous même. Robert veut nous faire croire qu’il va nous guerrir et nous détourner de ses chefs d’œuvres,mais c’est tout le contraire..on devient toujours plus accroc …et sensible à sa musique. J’essaie toujours d’écouter d’autres styles,d’autres genres de musique mais la magie des Cure me piège comme l’araignée dans sa toile version Lullaby…

  5. Merci d’avoir traduit ces nouvelles chansons, lesquelles, effectivement peuvent, lointainement, résonner « Disintegration », mais avec 30 ans de carrière en plus, de joies et de déconvenues; plus de sobriété, mais toujours autant de mélancolie, de peur de la fin.

    Je partage ton avis Manu et tout comme toi je l’ai vu à Genève ce 6 novembre 2022, ce qui a provoqué en moi beaucoup de nostalgie, de remous, c’est un doux euphémisme que de le dire. Entre mes 13 ans et mes 45 ans aujourd’hui, rien n’a changé. On ne peut pas parler de Robert et de son groupe à mon sens sans être dans l’émotionnel, mais c’est tellement émotionnant qu’il n’y a pas de mots pour le décrire….

    Ces quatre nouvelles chansons sont terriblement tristes mais pas surprenantes dans le sens où elles sont une suite logique à la mélancolie existentielle déjà présente au moment de la formation du groupe, que Robert a tenté de réprimé sur la plupart de ses albums tout au long de sa carrière, poussé à produire des chansons « pop » au dépens de son Moi mélancolique profond. Il a pu y revenir à travers Disintegration mais on a toujours voulu l’éloigner de ses abysses et il y revient toujours. Il avait déjà tellement peur du temps qui passe à 20 ans, que les choses changent, alors à 63 ans… Perdre ses parents et son frère l’a beaucoup fragilisé, eux qui ont toujours été là pour lui depuis le début, et c’est très émouvant de le ressentir aussi fort à travers ses nouvelles chansons, de le voir vieillir, en miroir….

    J’imagine que 14 ans sans sortir de nouvel album est une énorme pression, que depuis le début il dit que c’est son dernier album, et que là il l’exprime sans doute pour la première fois de manière aussi claire, à la lumière d’un manque d’inspiration de plusieurs années, du temps qui passe, de la mort et du déclin de tout en chacun qui est la réalité….Il a aussi sans doute besoin de se sentir rassuré de l’Amour de son public à travers cette tournée européenne avant de sortir son album. Je pense qu’il sera grandement récompensé.

    Pour moi: magnifiques chansons, mélodies, du Robert d’aujourd’hui, en phase avec sa réalité et du temps qui passe. Mais toujours aussi magique pour les vrais passionnés enamourés.

    Ps: Un avis sur la chanson « Underneath The Stars » (2008) dont on a très peu parlé je trouve et qui est un chef-d’oeuvre à mon sens…..

  6. Bonjour, le concert de Genève a débuté comme tous les autres par endsong. J’ai été frappé par le changement de son de la batterie de Jason, vers un son plus sec, limite claquant. Il est vrai que pour le son des guitares, basse, rythmique et solo, j’attends avec impatience l’album où ce sera plus détaillé, plus précis. Quant aux paroles, Bob a tout donné dans son style et c’est pour ça que je l’aime. Sa voix a clairement changé mais s’adapte bien à cet environnement musical. Bref, toujours aussi fan….

  7. Parmi ces nouveaux titres, plus A Fragile Thing, que j’ai eu le plaisir d’écouter à Lyon et Toulouse, deux se distinguent vraiment par leur force: “Endsong” et “I can never say goodbye”. “Endsong” est selon moi la pièce musicale la plus forte qu’ils aient écrite depuis au moins 30 ans. Et “I can never say goodbye” est certainement le texte le plus direct que Robert Smith ait écrit. La musique aussi est simple, triste et simple. C’est un peu comme si il n’avait pas voulu faire dans la fioriture pour les paroles comme pour al musique. Comme si la tristesse l’avait submergée au point de ne pouvoir absolument pas prendre de recul. Mais, d’une façon générale, ces 5 morceaux m’ont pour la première fois mis mal à l’aise. La douleur, la tristesse et la peur qui s’en dégagent m’ont réellement frappé et renvoyé aux évènement un peu similaires qui ont également jalonné ma vie ces dernière années.

    1. Oui, Endsong est clairement le meilleur morceau. Je classerai à égalité Alone et I Can Never Say Goodbye, car je trouve qu’Alone (même si elle est moins émouvante) est très belle. Son « efficacité » est plus discrète que I Can Never Say Goodbye mais je la trouve sublime en live et je me dis que la version studio sera magnifique avec les bons arrangements. A Fragile Thing est un peu en retrait, tant au niveau des paroles que de la mélodie. En tout cas je comprends la gêne que cela peut susciter chez certains. Les sujets de ces 5 titres sont quand même lourds de sens et l’instrumentation est pesante avec notamment des claviers bien pesants et la guitare de Reeves Gabrels à la fois plaintive et torturée.

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