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Les albums de The Cure, classés du pire au meilleur

Quel est le meilleur album de The Cure ? Ou, au contraire, celui qui est passé à côté de son sujet ? Pour le savoir, découvrez mon classement, forcément très subjectif, du pire au meilleur de The Cure.

Avec 13 albums studio au compteur, et une floppée de maxis, albums live et autres compilations, The Cure est un groupe plutôt prolifique. Mais plus que la quantité, c'est surtout sur la qualité qu'il se démarque. En effet, depuis Three Imaginary Boys, premier album sorti en 1979, The Cure a livré quelques perles qui ont marqué l'histoire du rock. Et toujours en restant fidèle à un son et une approche artistique n'obéissant pas (ce qui lui a parfois porté préjudice en termes de portée mainstream) aux lois du marché. Et sur ce point, on ne peut que féliciter Robert Smith d'avoir su préserver cette intégrité qui a souvent fait défaut à d'autres groupes prometteurs qui se sont égarés en chemin (au risque d'en énerver certains je citerais bien Arcade Fire et Coldplay...).

Mais parce qu'en musique tout est question d'appréciation (très) personnelle, nous avons tous nos albums préférés ou, à défaut d'être détestés, ceux qui nous laissent indifférents. Bien sûr, The Cure n'échappe pas à la règle. Ceci dit, on constate quand même un consensus sur les 3 ou 4 meilleurs albums du groupe...

Quoiqu'il en soit, voici mon classement des albums studio de The Cure, du plus faiblard au plus réussi avec quelques explications. A noter que cette sélection repose essentiellement sur la mélodie et l'ambiance générale de l'album. Car, et c'est une autre constante chez Robert Smith, l'écriture est de mon point de vue toujours au rendez-vous avec des paroles bien trouvées. Et si vous ne partagez pas mes choix, je vous invite chaleureusement à vous exprimer dans les commentaires, voire à donner votre propre classement !

13. The Cure (2004)

Que dire de ce 12e album de The Cure, si ce n'est que c'est un ratage quasi total. Quelques titres échappent au naufrage (Lost, The Promise) mais dans l'ensemble on est loin de ce que The Cure a fait de mieux... Peut-être faut-il y voir l'influence de Ross Robinson, producteur de l'album ayant travaillé au préalable avec, entre autres, les Deftones, Korn, Limp Bizkit et Sepultura, qui a amené un son brut de décoffrage et des lignes de chant bien viriles. Robert Smith, fait rarissime, lui a laissé les clés du camion et peut-être s'en veut-il un peu aujourd'hui... Bref, si vous devez partir sur une île déserte, ce n'est pas The Cure que je vous conseillerais d'emporter avec vous...

12. 4:13 Dream (2008)

Dernier album en date de The Cure (hé oui, 13 ans quand même...), 4:13 Dream marque essentiellement le retour du beau-frère de Robert Smith à la guitare, Porl Thompson, et le dégagement sans sommations de Perry Bamonte (anciennement guitariste) et de Roger O'Donnell (claviers). Si, comme souvent, on débute avec une perle dont seul Robert Smith a le secret (Underneath The Stars, grandiose), ça s'essouffle très rapidement. Les titres s'enchaînent avec une impression pesante de déjà-vu (ou plutôt déjà-entendu). Non pas que les chansons soient désagréables, c'est surtout qu'elles n'apportent pas grand chose à la musique de The Cure.

11. Wild Mood Swings (1996)

Dire que Wild Mood Swings était un album attendu est un doux euphémisme... Ralenti par le procès Smith/Parry VS Tolhurst et un remaniement de line-up (bye bye Boris Williams, batteur ô combien puissant et inspiré), WMS devait être le digne successeur de Wish (1991), plus grosse vente de The Cure à ce jour, et belle réussite (mais on y reviendra plus loin...).

Le premier extrait de l'album à être diffusé est The 13th et il en a déboussolé plus d'un... Mais heureusement, le reste de l'album n'est pas dans le même style (ahhh... Tout un album avec un orchestre mexicain... On en rêve...). Encore une fois, The Cure ouvre le bal avec une chanson à tomber par terre (Want, du grand et beau The Cure !) qui avait ravi les fans sur la tournée des festivals en 1995. Il y a du bon sur Wild Mood Swings (Jupiter Crash, Treasure, Bare) mais ce qui plombe à mon avis l'album est une trop grande diversité de sons. Certes, Robert Smith avait fait le même pari avec Kiss Me Kiss Me Kiss Me (1987) mais il faut constater que cette fois-ci cela ne fonctionne pas aussi bien. Au final, on a cette sensation de ne pas passer loin d'un bon album de The Cure, et qu'il manque juste un petit quelque chose !

10. Bloodflowers (2000)

Touché par le demi-échec de Wild Mood Swings, Robert Smith est revenu à ce qu'il sait faire de mieux : écrire des morceaux mélancoliques avec ce son si caractéristique. Bloodflowers recycle donc des recettes efficaces, au risque de tomber parfois dans une sorte d'auto-parodie. Il n'empêche... On retrouve du Cure pur jus et inspiré sur cet album, avec notamment 3 titres fabuleux :

  1. Out Of This World, titre d'ouverture, qui emmène les oreilles vers des contrées vaporeuses
  2. There Is No If, sorte de complainte romantique et minimaliste
  3. The Loudest Sound, chargée d'émotion (Robert Smith est d'ailleurs sujet à verser parfois quelques larmes lorsqu'il la chante en concert)

Outre ces 3 joyaux, les titres sont plus convenus (The Last Day Of Summer, 39, Maybe Someday, Bloodflowers) mais font le job et offrent aux fans ce qu'ils attendaient avec Wild Mood Swings mais sans l'obtenir. Watching Me Fall est à mon sens le seul vrai faux-pas de cet 11e album studio : un titre maladroit, lourdingue, boursouflé et artificiellement torturé de plus de 11 mn qui ne semble pas savoir où il va.

Mais au final, Bloodflowers est un album réussi, reflet de l'orgueil (positif) de son maître. Une œuvre pas si originale mais d'une efficacité redoutable, ayant donné lieu à quelques concerts parmi les plus mémorables auxquels j'ai pu assister (les concerts parisiens du Zénith...)

9. The Top (1984)

The Top est peut-être l'album de The Cure que j'ai le moins écouté, influencé certainement par cette réputation d'album "le moins aimé des fans" (et comme quoi certains l'auraient rebaptisé "The Flop", ce dont je ne suis absolument pas sûr). Pourtant, c'est une pépite !

Sorte de chaînon manquant entre la période psyché-pop de 1983, et ses singles kaléidoscopés, et le rouleau compresseur "happy sad" de The Head On The Door en 1985, The Top regorge de très belles trouvailles sonores. Certes, la production orientalisante aura certainement désorienté les fans purs et durs (déjà bien bousculés avec Japanese Whispers en 1983). Mais Robert Smith continue de s'affirmer comme un songwriter de génie et un arrangeur hors pair. Shake Dog Shake, Wailing Wall, Give Me It, Dressing Up, Piggy In The Mirror... Ce ne sont pas les chansons accrocheuses qui manquent sur The Top. Et comme The Caterpillar, Smith est dans une phase de transformation. Une évolution prévisible tant son talent de composition est palpable, et une prophétie annonçant un énorme succès mondial à venir avec The Head On The Door.

8. Three Imaginary Boys (1979)

Premier album studio de The Cure, Three Imaginary Boys est un ovni évoluant dans son propre univers. Robert Smith n'a que 20 ans mais déjà on sent ce sens du mot juste et du riff ciselé. Dans un style épuré et minimaliste, Smith parvient à créer le lien entre le punk et ce qui va devenir la Cold Wave (et pas New Wave, trop connoté mainstream). A l'image de Fire In Cairo, extraordinaire titre qui reflète toute la maturité d'un Smith à peine adulte et annonciateur de son talent.

Produit par Chris Parry lui-même, Three Imaginary Boys n'est pas parfait. Mais c'est peut-être pour cela qu'il est incroyablement attachant, voire brillant. Une fraîcheur inespérée venant de 3 post-ados banlieusards ! Des chansons intemporelles, encore chantées de nos jours par The Cure, preuve d'une grande efficacité !

7. The Head On The Door (1985)

L'album de la Curemania qui s'est emparée du monde, et plus particulièrement de l'Europe, en 1985. Robert Smith parvient sur un seul et même album à concilier singles dansants (InBetween Days, Close To Me) et titres d'une très grande mélancolie (Sinking, A Night Like This). The Blood se permet même le luxe d'introduire des sons hispanisants. Petit bémol dans ce beau tableau : Screw, peut-être la chanson la plus laide écrite par Robert Smith... Avec The Head On The Door, le groupe trouve sa vitesse de croisière et ce savant mélange entre musique grand public et exigeante. Le début d'une nouvelle ère !

6. Kiss Me Kiss Me Kiss Me (1987)

Le double album est un exercice difficile. Pourtant, avec Kiss Me Kiss Me Kiss Me, The Cure relève le défi et réussit sa mission avec brio. Une diversité de sons ahurissante, quelques titres passés à la postérité (Just Like Heaven, peut-être le meilleur single de The Cure, Catch, Hot Hot Hot, If Only Tonight We Could Sleep) ou inspiré d'œuvres littéraires (How Beautiful You Are) : cet album est d'une richesse incroyable et réussit le tour de force de ne pas lasser. Et toujours avec des paroles tutoyant la perfection...

5. Seventeen Seconds (1980)

On entre dans le top 5 avec l'éthéré Seventeen Seconds, second album studio de The Cure. Prenant le virage du son synthétique, qui ne le quittera plus à de rares exceptions, Robert Smith recrute Mathieu Hartley pour jouer des claviers. Ou plutôt pour dresser des nappes musicales vaporeuses pour habiller l'album d'un linceul plaintif et inquiétant.

Considéré comme le premier volet de la "trilogie noire" (avec Faith et Pornography), Seventeen Seconds vous invite à pénétrer dans un épais brouillard et à vous y perdre... Pour notre plus grand plaisir. L'album offre ainsi des morceaux de bravoure très gloomy : In Your House, Play For Today, At night... Seventeen Seconds fait partie de ces albums où la musique tutoie la perfection, où rien n'est à mettre de côté. Et inutile de préciser que l'album contient l'un des singles les plus connus du registre du groupe, à savoir A Forest.

4. Faith (1981)

Suite logique de Seventeen Seconds, Faith en est son digne héritier. Si Seventeen Seconds vous emmenait dans le brouillard, Faith vous propose de descendre un peu plus bas, entre rêve et réalité.

A l'image de sa pochette, difficile à déchiffrer, les contours sont cotonneux. Mais on ressent déjà cette prédisposition de Robert Smith à concevoir des chansons complexes, annonciatrices de ce qu'il composera bien des années plus tard pour Disintegration. Hormis Primary, tous les titres qui composent Faith sont marqués par un tempo lent, voire mortuaire (et sur ce point, The Funeral Party porte bien son nom). En seulement 8 chansons, Robert Smith nous démontre que l'ombre a parfois plus à offrir que la lumière.

3. Wish (1992)

Wish sort en 1992, au moment ou The Cure est au sommet de son art et de sa gloire. L'album conquit les charts et se classe #1 au Royaume-Uni et en Australie, et #2 aux Etats-Unis (en France il atteint la 17e place des ventes).

Malgré ses défauts, Wish est un des 3 meilleurs albums de The Cure. Car il souffre de quelques lacunes : une production un peu brouillonne, un son loin d'être parfait, des thèmes un peu impersonnels (sauf pour Open et End). C'est même peut-être l'album le moins personnel de Robert Smith. Mais peu importe... Car à nouveau, le groupe nous offert de grands moments : From The Edge Of The Deep Green Sea, qui cache derrière ce titre à rallonge une émouvante déchirure amoureuse, Apart (dans le même registre), A Letter To Elise, Trust, Cut... Les chansons s'enchaînent, toutes aussi réussies les unes que les autres. Robert Smith ne résiste pas à glisser 2 titres subtilement futiles, High et Friday I'm In Love, d'une efficacité redoutable (il ne s'y est d'ailleurs pas trompé en les sortant comme singles).

A noter que les faces B de cette période "wishienne" sont tout aussi exceptionnelles : This Twilight Garden, Play, Halo, The Big Hand. La réussite est totale !

2. Disintegration (1989)

"Disintegration is the best album I've ever heard !". Ces paroles glorifiant le 8e album studio de The Cure, on les doit à Kyle dans South Park. Et on serait tenté d'être d'accord avec lui (enfin, pas tout à fait sinon je l'aurais placé en #1 de ce classement...).

Mais Disintegration est une masterpiece de la discographie de The Cure. Ce qui frappe, c'est la richesse avec laquelle Robert Smith imagine ses chansons comme les actes d'un opéra, chacun prenant la suite de l'autre et composant, au final, une œuvre incroyablement homogène et chargée d'émotions. Beaucoup disaient à l'époque, et encore certainement aujourd'hui, que lorsque Disintegration résonnait entre les murs de leur chambre d'adolescent, c'était comme si le groupe était physiquement présent et jouait uniquement pour leur auditeur. Une présence et une proximité dont peu de groupes peuvent se prévaloir.

Dans un registre plus concret, Disintegration, c'est une suite de titres tutoyant la perfection. Il serait inutile de les lister tant ce sont des joyaux. Des cloches inaugurales de Plainsong à ce clavier disparaissant à la fin de Untitled, ne vous attendez pas à un répit émotionnel. Vous n'aurez d'autre choix que de vous laisser embarquer et d'aller au bout du voyage proposé par The Cure.

1. Pornography (1982)

Est-ce vraiment une surprise de retrouver Pornography à la première place de ce classement ? Pas vraiment. Car beaucoup placent ce 4e album studio au sommet de l'œuvre de The Cure.

Pornography n'est pas facile d'accès. Beaucoup moins en tout cas que des albums comme Disintegration ou Wish. Pourquoi ? Car c'est une somme de tortures, de colères froides et de tensions retenues. Ici, Robert Smith ne pense à personne d'autre que lui-même. Au pied du mur, obsédé par ses peurs (la maladie, la mort, la folie), il se libère en déversant des flots de paroles difformes et poétiques, comme tirées d'un film de David Lynch. Ses mélodies sont teintées d'un rouge sang, symbole de vie et de mort. On aura rarement vu un artiste aller si loin pour affronter son mal-être. 8 titres, 43 minutes : c'est le temps qu'il aura fallu au Robert Smith de 1982 pour exorciser ses démons.

Le résultat de cette bataille contre la peur est grandiose. Avec Pornography, Smith nous invite à aller encore plus profond, et à suivre son lapin blanc au fond du trou. Là, aux confins de son esprit, on se retrouve face à des chansons parmi les meilleures jamais écrites de sa main : One Hundred Years, Siamese Twins, A Strange Day, The Figurehead, Cold. Avant de clore cet exorcisme par un titre éponyme qui s'achève sur "I must fight this sickness, find a cure". Smith a vaincu le mal. Libéré, il va pouvoir maintenant se tourner vers des compositions plus légères, en apparence seulement (avec notamment Lament, du romantisme noir enrobé de douceur).

Avec Pornography, Robert Smith offre à la postérité un album très personnel, minimaliste et perturbant. Un sommet de créativité que peut-être il n'atteindra plus, même si des réminiscences ont pu apparaître plus tard avec Disintegration. Et c'est certainement mieux ainsi. On se contentera donc avec plaisir de se replonger dans cette œuvre singulière qu'est Pornography, une étape lointaine sur la voie de la rédemption.

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