Festivals 2026 : le bilan à mi-parcours

Alors que The Cure vient de terminer sa série de 3 concerts à Berlin, il est temps de marquer une pause et de faire un petit bilan au moment où le groupe est à la moitié de son marathon des festivals. Setlists, intégration d’Eden Gallup, attitudes sur scène et autres surprises… on voit ça en détails dans cet article.
Setlists : entre grands classiques et (petites) surprises
Robert Smith l’avait annoncé dans son interview pour la radio BBC 6 Music : The Cure a en stock 55 chansons pour cette tournée estivale. Et à ce jour, 46 ont été jouées (CF liste ci-dessous). Vous l’aurez donc compris, il reste encore 9 titres à découvrir en live…
Voici la liste des chansons classées par ordre alphabétique :
1. 2 Late
2. A Forest
3. A Fragile Thing
4. A Night Like This
5. A Strange Day
6. alt.end
7. Alone
8. Boys Don’t Cry
9. Burn
10. Catch
11. Charlotte Sometimes
12. Close to Me
13. Cold
14. Disintegration
15. Endsong
16. Fascination Street
17. Friday I’m in Love
18. From the Edge of the Deep Green Sea
19. High
20. Hot Hot Hot!!!
21. In Between Days
22. In Your House
23. Just Like Heaven
24. Let’s Go to Bed
25. Lovesong
26. Lullaby
27. M
28. Mint Car
29. Never Enough
30. One Hundred Years
31. Pictures of You
32. Plainsong
33. Play for Today
34. Prayers for Rain
35. Primary
36. Push
37. Secrets
38. Shake Dog Shake
39. The Last Day of Summer
40. The Lovecats
41. The Walk
42. Three Imaginary Boys
43. Trust
44. Want
45. Why Can’t I Be You?
46. Wrong Number
Au-delà des titres habituels (et dont je vous avais parlé dans cet article), The Cure a glissé quelques petites surprises. On retrouve ainsi quelques titres très appréciés des fans. On citera : The last Day Of Summer, 2 Late (bside de Lovesong), Three Imaginary Boys, Secrets (entendu lors du concert au Troxy le 1er novembre 2024), One Hundred Years, Plainsong, Prayers For Rain… ainsi que des chansons que je trouve un peu moins réussies (Mint Car, alt.end par exemple).
On notera par ailleurs :
- · Le titre Alone (Songs of a Lost World) et Plainsong se partagent le rôle de titre d’ouverture avec respectivement 8 et 9 interprétations).
- · Le mainset est un mix entre les classiques incontournables (Pictures of You, A Night Like This, Lovesong) et des morceaux plus en tension comme Burn ou Fascination Street.
Le site setlist.fm propose une setlist type pour cette tournée :
Main set
1. Alone
2. Pictures of You
3. Plainsong
4. High
5. Lovesong
6. A Night Like This
7. Burn
8. Fascination Street
9. alt.end
10. The Last Day of Summer
11. Push
12. In Between Days
13. Just Like Heaven
14. Trust
15. Play for Today
16. A Forest
17. From the Edge of the Deep Green Sea
18. Endsong
19. Disintegration
Rappel
20. Lullaby
21. Wrong Number
22. The Walk
23. The Lovecats
24. Friday I’m in Love
25. Close to Me
26. Why Can’t I Be You?
27. Boys Don’t Cry
Si d’un concert à l’autre, le mainset peut varier légèrement, le rappel quant à lui est quasi identique à chaque show.
À noter qu’à deux occasions en ce début de tournée, le groupe a proposé des rappels à thème : Seventeen Seconds au North Festival (Porto, 7 juin), Disintegration à Nova Rock (Nickelsdorf, 12 juin). Mais ça n’aura pas duré puisque les setlists semblent s’être uniformisées au niveau des rappels, uniquement dédiés aux singles (Boys Don’t Cry, Close to Me, Friday I’m in Love, Let’s Go to Bed, Lullaby, Mint Car, The Lovecats, The Walk, Why Can’t I Be You?, Wrong Number). Et à ce propos, on notera une (très) légère différence entre les festivals : comme ça a également été dit dans l’interview citée plus haut, Robert Smith a plus de liberté avec les petits, où il n’hésite pas à se montrer un peu plus pointu en matière de chansons et de durées, contrairement aux gros concerts (PinkPop, Werchter…) qui sont plus « grand public ». À noter que sur certains, il a également a pu choisir qui allait partager l’affiche avec lui : Mogwai, And Also The Trees, Just Mustard, etc.
Certains fans détestent le rappel très « pop » et aimeraient des titres plus exigeants (The Figurehead, All Cats Are Grey, Faith voire d’autres titres de Songs Of A Lost World que Alone et Endsong). Moi également… Mais n’oublions pas que c’est une tournée de festivals et que, même si de nombreux fans hardcore sont dans le public, il y a aussi des « non-initiés » pour qui The Cure c’est surtout Lullaby, Friday I’m In Love ou The Lovecats. Normal donc que le groupe joue des singles accessibles et attendus par le plus grand nombre. Et dernier point : profitons de le voir en live tant que c’est possible… Car en 2029 (normalement), plus de concerts… 😢
Ma vraie petite déception est l’absence de nouveaux titres. On sait que le nouvel album est bouclé, prêt à être livré au label et pourtant nous n’avons profité d’aucune nouveauté en live. Est-ce parce que les nouvelles chansons ne collent pas à l’atmosphère des festivals ? Une autre raison ? Seul Robert Smith a la réponse à ces questions…
Welcome Eden
The Cure allait-il recruter un 6e membre en remplacement de Perry Bamonte, tragiquement décédé fin 2025 ? C’était une des questions qui revenait le plus souvent en amont de cette tournée des festivals. Et nous avons eu la réponse le 5 juin pour le Primavera Sound de Barcelone en voyant Eden Gallup (fils de qui vous savez) monter sur scène. Un choix finalement assez logique lorsqu’on sait que Robert Smith aime recruter dans son cercle proche. Et sans oublier qu’Eden a suppléé son père à la basse pour deux concerts en 2019.
De mon point de vue, l’intégration d’Eden Gallup est une réussite. Il apporte davantage que Perry Bamonte, tout simplement parce qu’on entend ce qu’il joue. Prenez Want, joué la première fois à Porto sur cette tournée : c’est lui qui se charge du petit riff entêtant du titre. Ce n’est certes pas le plus compliqué mais ça sonne bien mieux qu’avec la bande enregistrée utilisée jusque-là. Et sur Mint Car (qui n’est pas un de mes titres favoris…), sa partie à la guitare électro-acoustique rend la chanson plus vivante. Si globalement il enrichit le son en live, il apporte également une petite touche de jeunesse et fait redescendre l’âge moyen du groupe… 😉
L’ambiance dans le groupe
Certains avaient émis l’hypothèse que l’absence de Simon Gallup n’était pas due à un virus de passage mais à des tensions au sein de The Cure. Alors bien sûr, personne n’est dans l’intimité du groupe, mais de mon côté j’ai vu tout autre chose sur scène : des sourires, des regards complices et une belle entente. Chacun joue parfaitement son rôle : Gallup Junior assure à la guitare (et aux claviers), Jason Cooper fait du Jason Cooper (et je sais que certains fans n’aiment pas son jeu et regrettent Boris Williams), Roger O’Donnell joue très juste (je le trouve un peu moins expressif que d’habitude mais j’ai l’impression qu’il joue mieux), Gallup Sénior reste un métronome et ne fait aucune erreur à la basse, et Robert Smith reste Robert Smith, avec une voix qui se bonifie avec le temps (et ce même si parfois ça manque un peu de justesse et de puissance sur des titres exigeants comme From The Edge Of The Deep Green Sea). Mais quelle énergie ! Avec toujours cette volonté de combler le public venu voir The Cure.
Je ferai par ailleurs un petit focus sur Reeves Gabrels : excellent guitariste, je trouve qu’il se perd un peu trop dans des sonorités certes techniques mais un peu trop conceptuelles, notamment sur ses solos (par exemple sur From The Edge Of The Deep Green Sea, A Night Like This). Il gagnerait à retrouver un peu plus de sens mélodique et un peu moins de technique (ce que le regretté Perry Bamonte faisait à mon avis de belle manière).
L’absence de Simon Gallup
C’est la mauvaise surprise des 3 derniers concerts à Berlin : Simon Gallup, malade (pour une raison que l’on ignore) n’était pas sur scène avec le reste du groupe. Et c’est Eden Gallup, décidément très utile, qui a repris le flambeau et remplacé son père. Et si vous voulez mon avis, cela a contrecarré les plans de Robert Smith et les concerts de Berlin auraient dû être différents, avec notamment des rappels à thème comme ceux de Porto et du Nova Rock. Mais ce n’est que pure spéculation de ma part…
Comme dit plus haut, certain·es pensent que ce n’est pas un problème médical mais un désaccord au sein du groupe qui a poussé Simon Gallup à ne pas participer aux concerts. Encore une fois, je pense que la réalité est toute autre et qu’il a effectivement eu des soucis de santé. N’oublions pas que le bassiste de The Cure a 66 ans et qu’il va enchaîner 31 concerts en 3 mois, avec tout ce que cela suppose de décalages horaires, de transports et autres contrariétés à la vie sur la route… Dans ces conditions, même un simple petit rhume peut avoir de lourdes conséquences sur l’organisme…
Quoi qu’il en soit, on ne peut qu’espérer que les choses rentreront dans l’ordre rapidement et que Simon Gallup retrouvera sa place pour le prochain concert à l’Ejekt Festival d’Athènes. Car cela voudra dire qu’il va beaucoup mieux !
En conclusion
En définitive, ce mi-parcours de la tournée 2026 confirme que The Cure reste une force de la nature, capable d’évoluer tout en préservant son ADN. Malgré les incertitudes qui planent sur la santé de Simon Gallup et l’absence surprenante de nouveaux morceaux, le groupe prouve qu’il sait encore captiver, tant les puristes que le grand public, notamment grâce à l’intégration réussie d’Eden Gallup.
Le reste de l’été s’annonce crucial. Si la « setlist à thème » semble avoir laissé place à une uniformisation plus pop, espérons que les prochains concerts, et surtout le retour tant attendu de Simon, permettront de retrouver cette magie si particulière qui fait la force du groupe. D’ici 2029, chaque concert est un cadeau : profitons de chaque seconde, de chaque note, car le temps, lui, ne nous attend pas.





