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Dix ans de fureur et de grâce : Shake Live Shake, la mémoire vivante de The Cure en concert

Pour les fidèles de The Cure, la décennie 2013-2022 restera comme celle d’un retour au sommet, salué par les scènes du monde entier et le succès de l’album Songs of a Lost World. C’est précisément cette décennie flamboyante que capture Shake Live Shake — A Photographic Chronicle, un somptueux livre d’art publié par Dumkit Éditions.

Au plus près de la scène : le regard des « compagnons de route »

Né d’une idée de Julien Brémard — qui signe les textes, les carnets de bord et la postface —, l’ouvrage évite l’écueil de la biographie classique pour proposer une véritable expérience sensorielle. Le titre lui-même est un cri de ralliement, un hommage direct à ce Shake Dog Shake ouvrant les concerts, perçu comme « le centre de gravité de chaque live, un instant suspendu, un concentré de puissance autant que de lâcher-prise ».

Pour en ramasser l’essence, le livre s’appuie sur le travail passionné de deux photographes et « curistes » de longue date : Mauro Melis et William Soragna. Des festivals américains aux arènes européennes, de l’implosion tellurique de Mexico en 2013 à la ferveur de Hyde Park ou de l’Accor Arena, leur objectif s’est faufilé là où le commun des mortels ne va pas : au plus près de la barrière, dans l’électricité brute du pit photo. Leurs clichés, pour la plupart en noir et blanc, traduisent autant la tension magnétique de Robert Smith sur scène que la vérité viscérale d’un public qui traverse les continents pour communier.

Entre archives et confessions

Shake Live Shake est avant tout un recueil d’images, mais il se lit aussi comme une grande traversée intime. À travers leurs témoignages présentés au début de l’ouvrage, Mauro et William racontent une partie de l’envers de cette vie parallèle : les galères de matériel à Dallas, les attentes devant les hôtels, les amitiés indéfectibles nouées au fil des tournées, et ce sentiment d’appartenance à une « famille de l’ombre » unie par le même feu.

« On m’a traité de fou quand, depuis Paris, je m’envolais pour cinq jours à Sydney et deux soirs à l’Opera House. Mais voir ses voiles s’illuminer pour The Cure vaut toutes les escales à Bangkok et un corps en compote. » — William Soragna

On y croise la silhouette bienveillante du groupe, les clins d’œil complices de Reeves Gabrels, et cette conscience aiguë du temps qui passe. Comme le confie Mauro, écho résonnant aux compositions récentes de Robert Smith : « Nous avons le même âge et le même vertige face au temps qui passe. L’album Songs of a Lost World m’a heurté de plein fouet, parlant de deuil et d’émotions avec une fragilité assumée qui n’est jamais de la faiblesse. »

Nul doute qu’il y aurait, avec tous ces souvenirs, de quoi écrire un autre livre bourré d’anecdotes et de récits de voyages…

Un objet collector pensé pour les fans

Fidèle à l’exigence de ses auteurs, l’objet a été conçu dans les règles de l’art. Imprimé en France sur papier couché 150 g/m² au format A4 (164 pages), doté d’une reliure cousue à gauche et d’une couverture rigide rehaussée d’un vernis sélectif UV 3D, le livre est édité en un tirage unique et strictement limité à 1 000 exemplaires.

Pensé comme un rituel et un viatique contre le silence, Shake Live Shake évite aux superbes archives de ses auteurs de rester prisonnières d’un disque dur. C’est un cri du cœur et un hommage magistral à la puissance scénique d’un groupe inclassable. Un livre indispensable pour tous ceux qui, au cœur de l’obscurité des salles, ont un jour guetté la lumière comme un éclair.

Shake Live Shake — A Photographic Chronicle
164 pages / format A4
49,90 €
Précommandes ouvertes sur shakeliveshake.com, pour une expédition à partir du 7 décembre 2026.

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